Pourquoi consulter un psychothérapeute?

 

Le symptôme ou la perte de son pouvoir d’agir.

 

Nous n’avons pas la main sur tous les évènements qui rythment notre quotidien bien qu’il en existe certains que seule la volonté décide. Dans ces cas, les effets de notre pouvoir d’agir sont la marque subjective de notre existence. Pourtant, dans cet ensemble d’actions et de pensées qui orientent nos trajectoires dès l’âge des premières décisions à prendre, certaines agissent à notre insu. C’est le cas du choix sexuel, de la rencontre amoureuse, de la forme du lien à nos enfants ou encore à notre propre personne. De cette conjoncture fortuite, émerge alors de multiples stratégies adaptatives pour lesquelles notre responsabilité est engagée.

 

Lorsque ce pouvoir d’agir défaille, les contours de notre identité se font plus flous. C’est, désormais installé dans un quotidien insatisfait, que la souffrance révèle la force invisible et secrète à l’œuvre dans l’action du symptôme ; celui qui se fait entendre quand on reconnaît que « c’en est trop! », que « continuer comme ça n’est plus possible! » Dès lors, parmi les conduites sociales dites « classiques », certaines se font le pli de quelques tentatives de destruction du type des dépendances tabagique, alcoolique ou sexuelle. Ou encore, viennent masquer de profonds sentiments d’irritabilité, de fatigue chronique ou de stress au travail. La relation au conjoint, au parent ou aux amis et collègues s’en trouvent altérée et l’être s’éprouve dans une pauvreté affective, sexuelle ou encore professionnelle.

Alors, depuis ces positions extrêmes que sont la procrastination jusqu’à la compulsion d’agir, une voie s’ouvre à la liquidation d’affects insupportables. Par des conduites sexuelles à risques par exemple, par un besoin impérieux de jouer en ligne ou encore par une mise en danger de son corps à malmener dans des habitudes alimentaires drastiques (régimes, anorexie, boulimie etc..).

 

La souffrance psychique est une force sourde, continue, qui s’annonce dans une présence à soi symptomatique. C’est à dire, dont la conflictualité paraît insurmontable. Pourtant, le conflit psychique a valeur de fondation de la vie inconsciente, il est bien le moteur de nos vies singulières. Dès lors, quelle est cette fêlure qui envahit le sujet affaiblit sous l’effet du symptôme?

La psychanalyse, qui le conçoit comme un »compromis entre désir et défense », considère le symptôme comme l’expression d’une lutte contre le désir de l’être à s’accomplir en tant que sujet. Et les stigmates de cette guerre souterraine pourront s’incarner dans une symptomatologie organique qui prive l’être de son immunité naturelle : Atteintes de la sphère ORL (allergies, bronchites ou irritations chroniques, aphasie partielle ou totale sans AVC par exemple etc..), souffrances installées de l’appareil digestif (atteintes lourdes des organes digestifs, ulcère de l’estomac etc..) faiblesse des tissus épidermiques (eczéma, dermatoses diverses, chute massive des cheveux etc..), ou encore infections chroniques de la sphère uro-génitale (cystites et mycoses vaginales à répétition, dyspareunies, troubles de la fécondité etc..) Toutes ces manifestations organiques constituent une voie d’entrée possible vers la prise en charge psychothérapeutique. Car, au delà de la souffrance somatique se cache la souffrance d’un être parlant, donc d’un être désirant. Et, comme en atteste la variété des symptômes corporels qui, lorsqu’ils sont parlés en séance, peuvent révéler leur force de signification (trichotillomanie, colopathie, constipation, douleurs diffuses chroniques, paralysie intempestive d’un ou plusieurs membres etc..) le transfert est la condition pour que le symptôme soit interprétable, pour que l’être retrouve enfin son pouvoir d’agir.